Réponse courte : oui. Réponse longue : non.
Je sais ce que vous vous dites : j'ai probablement oublié de prendre mes cachets avant de m'installer au clavier. Mais laissez-moi vous expliquer pourquoi, en 2026, vous devriez éviter d'utiliser l'IA pour vos publicités.
Et non, aujourd'hui on ne parlera pas d'éthique, de vol de données ou du remplacement de l'homme par la machine. Même si ces sujets sont tout aussi importants, aujourd’hui, on va analyser le point de vue purement marketing.
La vraie question des pubs faite avec l’IA
Pour quelle raison voulez-vous utiliser l'intelligence artificielle pour faire votre publicité ?
Généralement, la réponse tient en un mot : le coût.
C’est le premier argument qui vient en tête. On nous promet de travailler plus vite, mieux, et plus intelligemment (ce n'est pas contractuel, évidemment). Mais est-ce vraiment le cas ? Et surtout, seriez-vous prêt à en payer le prix caché ?
Le mythe du gain de temps (et d'argent)
Prenons le cas d'une publicité vidéo. Pour la faire vous-même (et donc virer votre agence pub), vous allez devoir utiliser des modèles haut de gamme comme Veo3, Kling ou Sora. On oublie les modèles bas de gamme : faire de la pub avec des figurants à trois bras n'aide pas réellement à vendre.
Le problème ? Ces plateformes fonctionnent aux crédits. Un abonnement à 200 euros par mois vous donne un nombre de jetons définis. « C'est toujours moins cher qu'une équipe de tournage», me direz-vous.
C’était sans compter sur le fléau de l’IA générative : l’aléatoire.
Sans rentrer dans les détails techniques, ces modèles ont une part de « chance » impossible à supprimer. Tapez le même prompt 1000 fois, vous aurez 1000 résultats différents (et ce, même avec le prompt le plus précis possible).
Le calcul de base est donc faux : vous ne payez pas pour une vidéo, vous payez pour avoir une chance d'obtenir une vidéo qui ressemble à ce que vous avez demandé. Chaque essai raté aspire vos crédits. Certains projets « IA » finissent par coûter des milliers d'euros en génération pour un résultat… discutable.
Le « nettoyage » : l'étape dont personne ne parle
Une fois que vous avez, par miracle, un plan qui vous convient, il faut le nettoyer. Un doigt en trop, un œil qui vit sa propre vie, un son qui ne colle pas… Il faut alors dépenser d'autres crédits dans d'autres modèles pour essayer de corriger le tir.
Et pour assembler le tout ? L'IA ne fait encore rien de potable. Il vous faudra apprendre le montage ou payer un professionnel pour redonner une cohérence à cette bouillie de pixels.
Bilan : vous avez peut-être économisé sur la « production », mais vous avez dû faire vous-même la stratégie, le script, le storyboard et la postproduction. Pour un résultat souvent « cheap ».
Le coût caché : la réponse émotionnelle du public
C’est ici que ça devient vraiment grave pour votre marque.
Une étude récente a comparé la réaction des personnes face à de la musique humaine et de la musique générée par IA. Le constat est fascinant : les gens apprécient la musique IA (car elle est entraînée sur le top 1 % des tubes mondiaux) TANT QU'ILS IGNORENT QUE C'EST DE L'IA.
Dès qu’on leur annonce que le morceau est artificiel, la réponse émotionnelle chute radicalement. Le cerveau déconnecte.
Or, la connexion émotionnelle, c'est exactement ce que vous achetez quand vous faites de la pub.
Le cas d'école : Coca-Cola vs Le Loup
Regardez l'impact réel :
- Coca-Cola (Noël 2024 & 2025) : Ils ont tenté le tout-IA. Résultat ? Un taux de dislike record sur YouTube et une vidéo 2024 passée en « non répertoriée » pour cacher la misère.
- McDonald's : Ils ont retiré leur pub IA après quelques jours seulement suite aux retours glacials des clients. (elle est repostée ici : https://www.youtube.com/watch?v=LYz-5cL-BhA )
Le dilemme final de la publicité faite par l’IA générative en 2026
Aujourd'hui, vous avez deux options :
- Vous mentionnez l'IA : Et vous risquez un rejet immédiat ou une viralité négative.
- Vous ne le dites pas : Et vous espérez que personne ne remarque les détails qui trahissent (Spoiler : ils finissent toujours par être vus).
Conclusion : Vous avez peut-être économisé quelques euros sur votre facture de production, mais vous avez perdu votre image au profit du « cheap » et du sans-âme. À vous de voir si votre marque mérite mieux qu'un coup de dé.
Source :
https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0326498
https://newsroom-deezer.com/2025/11/deezer-ipsos-survey-ai-music/
